Il fait agrandir l’hôtel d’une aile nord en 1624, d’architecture moins imposante.
L’échauguette située à l’intersection des rues Pavée et des Francs-bourgeois, à vocation plus décorative
que défensive, date de la même période.
C’est l’une des rares tourelles d’angles sauvegardées du quartier.
Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, la demeure fut louée à Guillaume Lamoignon,
premier président au parlement de Paris, il y tient un salon lettré fréquenté par Boileau et Madame de Sévigné.
En 1688, l’hôtel est acheté par son fils.
Hôtel d’Angoulême Lamoignon - L'Echauguette
Le portail, sur lequel figurent deux putti, l’un tenant un miroir, symbole de vérité, l’autre un serpent, symbole de prudence,
est ajouté en 1718.
La façade côté jardin est modifiée, et les balcons des hautes fenêtres sont ornés de ferronneries de style Louis XV,
à l’emblème des Lamoignon, la moucheture d’hermine inscrite dans un losange.
La famille de Lamoignon quitte l’hôtel lorsque Guillaume II, petit-fils du précédent,
est appelé à la Chancellerie de France en 1750.
Hôtel d’Angoulême Lamoignon - Le Portail côté rue.
Hôtel d’Angoulême Lamoignon - Chrétien de Lamoignon
En 1774, il est acheté par l’architecte Jean- Baptiste Le Boursier.
L’hôtel, revendu en 1794, est divisé au XIXe siècle en logements, ateliers et boutiques.
Alphonse Daudet y vécut de 1867 à 1876.
En 1928, la Ville de Paris en fait l’acquisition et en entreprend la restauration.
Une aile moderne (en haut des escaliers de la cour pavée) est créée et deux niveaux sont creusés en sous-sol pour accueillir
les collections de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, qui ouvre au public en janvier 1969.
Hôtel d’Angoulême Lamoignon - Côté Bibliothèque
Le corps de logis s’élève entre une cour d’honneur, face à la rue Pavée, et un jardin.
C’est peut-être le premier monument parisien où apparaît l’ordre colossal (c'est-à-dire un seul ordre
et non deux ordres superposés comme le voulait la tradition).
L’effet de verticalité est accentué par l’engagement dans le comble de hautes lucarnes de pierres sommées
de frontons triangulaires.
De part et d’autre, deux pavillons de plan carré sont surmontés de frontons curvilignes sculptés de cerfs et
des emblèmes de Diane.
Les appartements intérieurs, somptueusement réchauffés par des tentures de cuir doré et des tapisseries des Flandres,
s’organisaient autour d’un monumental escalier aujourd’hui disparu.
On a retrouvé en revanche au rez-de-chaussée de superbes solives peintes aux chiffres de Diane (déesse de la chasse)
des motifs ayant trait à la chasse sur fond de cartouches dorés, rouges, jaunes et bleus, têtes de chiens et de cerf,
croissant de lune et trophées.
Hôtel d’Angoulême Lamoignon - Le fronton du Portail
Hôtel d’Angoulême Lamoignon -Portail côté Cour